Ce fut le premier matin où nous n'avons pas mis de reveil de bonne heure, le rhume me fatiguant j'ai dormi un peu pour récupérer.
Vers 10h on s'est mis en route et nous avons exploré une autre partie du coeur de Kyoto, en traversant à nouveau la rivière via la rue Gojo Dori cette fois-ci, la grande avenue qui passait devant notre auberge.
Il faisait assez beau et toujours assez chaud, un vrai régal, surtout pour moi qui était encore malade.
Nous avons traversé de nouveau de petites rues bordées de maisons traditionnelles de bois.
Découvrant les jolies gouttières anciennes...
...des panneaux de signalisation farfelus.
Puis, au fur et à mesure de notre avancée, l'architecture des habitations a commencé à se modifier, des bâtiments plus hauts et plus modernes ont fait leur apparition.
Mais nous avons néanmoins croisé un temple sur le chemin.
Puis finalement, nous avons débouché sur une large avenue bordée d'immeubles hauts et modernes, la Shijo Dori, lieu de notre premier objectif du jour, le Jidai Matsuri. C'est un important festival de Kyoto retraçant les évènements historiques le tout en costumes traditionnels. Il y avait déjà de nombreuses personnes sur les côtés de l'avenue attendant le début du défilé, notamment de nombreuses personnes âgées, mais aussi beaucoup d'occidentaux venus découvrir comme nous, tout le monde bien sagement réparti des 2 côtés de l'avenue sans qu'il n'y ai besoin de mettre de barrières, encore un des côté agréable de la discipline japonaise ;)
Toujours bien équipés, les papis-mamis étaient parés avec tout le confort ;)
Et j'ai pu prendre en photo les porte bébés sur les vélos, ici on peut en voir à l'arrière comme chez nous mais également à l'avant.
Le départ du matsuri se faisait à un point éloigné et il traversait une bonne partie de la ville, donc après un peu d'attente le défilé est arrivé devant nous et nous avons pu observer tous ces costumes d'époques, du plus récent au plus ancien.
Ce fut une voiture de police qui a d'abord annoncé le cortège.
Suivie de la police montée.
Ensuite sont arrivés les participants costumés qui se sont succédés devant nous pendant bien 1h30.
Nous avons observé avec beaucoup d'intérêt au début puis avec une certaine lassitude au bout d'un moment je dois bien l'avouer, car ce matsuri manquait singulièrement d'enthousiasme et de musique.
Cela nous a beaucoup surpris mais la procession s'est faite dans un silence presque absolu, les quelques "costumes" qui avaient des instruments de musique (pipeaux, percussions,...) étant trop espacés les uns des autres (ainsi que la majeure partie des participants d'ailleurs) et les passants n'applaudissant qu'à de rares exceptions (démonstrations de danse ou de jeter de lances).
De plus, à part quelques unes des femmes, les personnes qui défilaient ne reflétaient pas ce qu'on peut appeler de l'enthousiasme ni de la joie débordante, pour ne pas dire simplement qu'ils faisaient tous une tête d'enterrement. Cela nous a surpris, en comparaison de leurs sourires quasi permanent dès que l'on rentre dans un commerce.
Je ne suis pas du tout calée en histoire du Japon et je ne saurais donc vous dire quel costume correspondait à quelle période ou quelle reconstitution correspondait à quel évènement mais voici quelques photos des tenues et participants que j'ai trouvé les plus jolis.
Via ce même lien sur le Jidai Matsuri, voici la description de la procession.
Les premers costumes furent une image très parlante du contraste entre le Japon traditionnel et le modernisme occidental qui est venu les rattraper à la fin du 19ème siècle.
Ensuite il y avait l'armée et/ou les patriotes de la restauration Meiji, qui jouaient de la flûte et des percussions, amorçant le matsuri avec une belle ambiance.
J'ai bien aimé ces porteurs de coffre et leur fichu rouge.
Mais loin d'être captivée par les costumes militaires où les personnages à cheval, ce que j'ai le plus apprécié évidemment ce sont les élégantes japonaises avec leur maquillage qui leur confère une beauté ancienne et leurs tenues aux tissus chatoyants et aux motifs si délicats.
Cette demoiselle était particulièrement jolie et j'ai adoré cette scène avec l'ombrelle rouge au dessus-d'elle, sa façon délicate de marcher, cette mélancolie due au maquillage qui donnait l'impression d'une princesse enlevée à son pays.
Ce qui était assez moyen aussi (mais là je chipote) c'est le manque de soin de certains marticipants pour le réalisme historique, certains d'entre eux avaient par exemple des baskets, le téléphone portable à la main ou bien encore, comme ce monsieur, une chemise moderne bien apparente, la banane autour de la ceinture et un postiche plutôt façon carnaval de 3ème zone ^^'
Une photo d'un guerrier à cheval, même si dans mon ingnorance je n'ai pas la moindre idée de qui il représente.
J'ai bien aimé ces tenues mais surtout leur coiffe avec des branches aux feuilles et fleurs marquant les saisons.
Un bout de chou qui avait l'air soit timide, soit bien ennuyé d'être là, j'avoue que j'aime beaucoup cette photo, sa posture et sa moue enfantine.
Et d'autre belles dames au visage d'albâtre.
L'heure tournant et la lassitude aidant nous sommes partis avant la fin du matsuri pour aller visiter un autre quartier précis. et en quelques rues, après avoir quitté la foule très dense, nous étions au calme dans des rues tranquille puis on s'est retrouvés d'un coup sur une immense artère commerçante, avec de nouveau de hauts immeubles modernes et là le choc après ces journées paisibles dans Kyoto, des centaines de magasins, de la musique diffusée, des gens partout, on a eu l'impression de changer de ville en une rue, c'était surréaliste!
...mais vous n'en verrez pas de photos car l'appareil photo n'ayant pas chômé pendant le matsuri, la batterie était complètement déchargée.
Ensuite nous avons à nouveau traversé la rivière pour découvrir le célèbre quartier de Gion et nous avons pu savourer l'atmosphère paisible de ce quartier magnifique parcouru de ruelles entièrement d'architecture traditionnelle, où nous avons croisé plusieurs geishas.
Double hélas ici pour l'absence de photos, ce quartier était vraiment magique, avec ces allées de restaurants aux cartes tout en japonais, mais avons décidé d'y retourner le lendemain.
Nous sommes ensuite revenus à notre auberge, le temps de faire une petite sieste pendant que l'appareil photo se rechargeait puis vers 19h, nous sommes allés prendre le train à la gare la plus proche de l'auberge car nous avions prévu d'aller assister à un autre festival ce jour là.
Nous avons attendu le train quelques minutes, dans une gare presque déserte et j'en ai profité pour prendre en photo les panneaux d'indication de train que l'on trouve sur les voies, et qui sont étudiés pour être lisibles par tous. En effet leur affichage alterne l'écriture en alphabet japonais et l'écriture en romaji (caractères occidentaux) en langue anglaise.
Nous avons pris un train en direction du village de Kurama, pour aller assister au fameux Hi matsuri, le festival du Feu, qui a lieu lui aussi tous les 22 octobre.
Quand notre train est arrivé notre wagon était entièrement vide...
...mais comme ce festival attire énormément de monde (et notamment les touristes occidentaux), après une correspondance avec changement de train et quelques arrêts, notre wagon était plein à craquer de jeunes français, espagnols, italiens, anglais mais aussi de jeunes japonais.
Quand nous sommes ensuite arrivés à Kurama il faisait déjà nuit noire, notre train a déversé son flot de passagers et c'est un peu façon moutons que nous avons rejoint l'artère principale de la ville, dont l'accés était déjà encombré par un quantité effrayante de personnes et là on a commencé à se demander si vraiment c'était une bonne idée d'être venus :p
Pour la petite explication, ce festival célèbre le feu : de nombreuse torches de pins de dimensions impressionnantes (d'environ 80kg d'après mes recherches) sont portées à dos d’homme dans la rue principale et ensuite sont rassemblées devant le temple de Kurama. Au niveau symbolique, ces torches sont allumées pour chasser les démons responsables des mauvaises récoltes.
Dès notre première incursion dans la rue nous avons aperçu les premiers braseros.
Nous avons
Pusi nous avons pu remarquer la tenue des porteurs de torche, tenue des plus intéressante je dois bien l'avouer, car compte tenu de la chaleur dégagée par les flammes, ceux-ci ne sont que légèrement vétus, à savoir qu'ils sont torses nus avec juste un morceau d'étoffe camouflant leur entrejambe et protégeant leurs épaules...
...ce qui de dos est plutôt pas mal ;)
Et je tiens à préciser que c'est Antoine qui a pris la photo avant que l'on m'accuse de quelque perversion :p
Ensuite a commencé le porté des torches et les célébrants ont remonté la rue principale en se dirigeant vers le temple.
En fait Kurama est un village tout en longueur avec une seule rue principale, et vu la foule présente dans la rue (malgré une organisation carrée et sécurisée) je vous laisse imaginer la difficulté de porter ces torches, de progresser en même temps et de ne brûler personne au passage O_o
Et c'est là que ce fut très pénible, nous avons, je ne mens pas, passé 2h à piétiner dans cette rue, avancant d'environ 200m, ce fut assez éprouvant. Le froid de la nuit dans ce coin en pleine nature associé à la fatigue et les kilomètres déjà parcouru dans la journée ont fait de ce festival une épreuve et quand enfin nous sommes arrivés en vue du temple pour voir la célébration "finale", la foule empêchait de s'approcher à une distance permettant la visibilité et avec ma petite taille je n'ai pas vu grand chose ^^'
Heureusement un français qui nous a entendu parler, plus grand qu'Antoine et ayant un caméscope, m'a gentiment montré ce qu'il avait filmé, et là j'ai pu distinguer ce qui se passait sur les escaliers du temple, à seulement quelques mètres de moi, c'est le comble.
Nous avons ensuite décidé de rentrer avant la fin car nous étions épuisés et frigorifiés mais il fallu attendre encore un long moment car la file d'attente pour prendre les trains (il y en avait très souvent heureusement) était considérable, mais comme toujours bien organisée ;)
Du coup Antoine a eu le temps de poser devant la statue impressionnante d'une tête de Tengu qui se tient sur la place devant la gare.
En attendant le train nous avons pu voir un papi japonais non loin de nous dans la file d'attente qui était complètement saoul et tenait à peine debout, et au moment de prendre le train ce sont les employés de la gare qui l'ont pris en charge car vraiment, il n'était plus qu'à peine conscient. Du coup ils l'ont fait s'assoir un moment puis après nous avons pris le train mais je ne l'ai pas vu monter dedans.
Nous avons fait le trajet du retour en mode sardines (mais du coup on avait moins froid :p) et après une petite étape au combini car nous avions un peu faim, c'est avec délice que nous avons retrouvé notre chambre à l'auberge, mis le chauffage puis grignoté un peu.
La grande brique contient du jus à la pèche ( enfin, de l'eau à la pêche), c'est délicieux et très doux à boire. En japonais pêche se dit avec le joli nom de momo, comme indiqué par les deux caractères sur la brique.
A côté il y a un donut bizarre qu'a voulu tester Antoine, un purin pour moi, un onigiri et bien sur encore des dorayaki, les génoises à la pâte de haricots rouges que nous prenions au petit déjeuner.
Et c'est bien fatigués que nous avons rejoint nos futons pour une bonne nuit de sommeil.
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