Notre première nuit au Japon fut des plus reposante, quartier calme, hôtel sans un bruit, seul le chant des petits oiseaux au petit matin, suivi du croassement des corbeaux ont accompagné notre réveil en douceur.
Enfin, en douceur façon de parler car j'avais mis le réveil à 6h, notre objectif du jour étant de nous rendre à Kyoto par le shinkansen, ce qui allait nous prendre toute la matinée.

Nous avons donc vidé notre chambre, repris nos valises et quitté à regret ce ryokan si paisible, j'espère pouvoir y retourner un jour.
On a repris le train direction la gare de Shinagawa où je savais pouvoir trouver un guichet pour présenter nos Japan Rail Pass achetés en France et les transformer en sésame permettant de prendre les shinkansen et les trains JR gratuitement pendant 15 jours (enfin, gratuitement c'est vite dit, les pass coûtent quand même 322€/personne, mais vu les tarifs là-bas c'est très vite amorti...)


Arrivés à Shinagawa, petite déconvenue, le guichet n'ouvrait pas avant 9h, flûte on aurait pu dormir plus longtemps ^^'
Mais vu que l'on comptait profiter de chaque minute de ce voyage, on a mis ce temps à profit pour observer la vie de la gare le matin et aller explorer un peu les environs, mais pas trop loin non plus, avec les valises c'était tout sauf pratique.
En attendant j'en ai profité pour aller faire nos cartes suica: il s'agit de cartes magnétiques que l'on approvisionne en argent et qui permettent d'utiliser tout le réseau train/métro de Tokyo sans avoir à prendre un ticket à chaque fois aux machines, il suffit juste de la présenter sur les bornes/barrières pour passer.
Un peu comme une carte d'abonnement en France sauf que la suica n'offre aucune réduction, juste un gain de temps, ce qui est déjà pas mal quand on voit le temps que passent les japonais dans les transports. Elle sert aussi de porte-monnaie électronique, pour payer en vrac: une boisson dans certains distributeurs, ses achats dans les petits Combini, dans les kiosques à journaux, voir même dans certaines chaines de restauration rapide ou encore pour les casiers dans les gares ou des achats sur Internet, si ça c'est pas du multi-tâche! (non Leeloo personne ne t'as appelé ¬¬)
Explications sur le fonctionnement de la Suica card par ici

Et forcément, comme tout ce qui est japonais, il y a une mascotte toute mimi pour cette carte. Ici il s'agit d'un pingouin, que l'on verra par la suite sur de nombreuses affiches publicitaitres pour la suica un peu partout dans les gares.
(Exemples trouvés sur internet: par ici et par là et même des statues)
Pour la petite note rigolote, il faut savoir qu'en japonais suica signifie pastèque, on a donc un pingouin qui s'appelle pastèque, pourquoi pas :p

Le flot des travailleurs matinaux traversant la gare était impressionnant, étourdissant même, il faut effectivement le voir de ses yeux pour se rendre compte de cette foule.

J'ai pris cette photo un peu à la dérobée à notre arrivée à la gare, il n'y avait pas encore trop de monde, ça s'est largement amplifié 1/2h plus tard mais je n'ai pas osé faire d'autre photos ^^'

Mais le plus surprenant, c'est la façon dont personne ne se bouscule, il y a des sens de marche bien définis (l'allée centrale pour ceux sortant de la gare et les allées sur les côtés pour ceux allant prendre le train) et quand il a fallu "traverser" pour aller au guichet en face du grand hall, j'ai eu l'impression d'être un saumon remontant le courant, j'ai même essayé la technique "en biais" pour moins gêner :p

On est ensuite allés voir la gare de l'extérieur, et on s'est rendu compte que nous étions dans un quartier complètement différent de celui du ryokan, avec plein de grands immeubles vitrés et des employés de bureau en costume partout, surprenant et même un peu écrasant lorque l'on découvre ça pour la première fois.


On a commencé à se rendre compte qu'il y avait des distributeurs de boissons automatiques partout, mais vraiment tous les 300m, au moins nous n'allions pas mourir de soif dans ce pays :p

Comme on avait acheté de quoi petit déjeuner dans le shinkansen, en attendant l'heure on s'est mis en quête d'un parc pour aller grignoter un peu assis sur un banc (puisqu'on nous avait expliqué qu'il est assez mal vu de manger dans la rue en marchant).


On a trouvé une allée avec des arbres et des bancs entre les immeubles, on s'est posé et on a petit déjeuné en observant le quartier.
A quelques mètres de nous on s'est rendu compte qu'il y a avait plusieurs personnes en train de fumer et en regardant mieux on s'est rendu compte qu'il s'agissait d'un emplacement spécial pour les fumeurs.

En effet au Japon on ne peut pas fumer n'importe où dans la rue, c'est en général interdit partout sauf dans des endroits indiqués. En revanche, il n'y a pas d'interdiction de fumer dans les restaurants et les bars.

Globalement il y avait surtout des salarymen en costume en train de fumer mais on a quand même vu quelques femmes (2-3, pas plus) en tailleur de travail et une en tenue un peu flashy-léopard/rockabillie qui se démarquait du lot et qui avait une certaine classe.
Il y avait aussi des employés municipaux en train de nettoyer l'allée/parc, vider les cendriers, et qui nous observaient du coin de l'oeil en train de manger, non non, on allait rien jeter par terre monsieur, on est étrangers mais on n'est pas des mal élevés hein :p
On a pu entendre et observer nos premiers corbeaux, chose que j'attendais avec impatience, ayant une certaine affection pour ces oiseaux, et je dois dire qu'effectivement leur gabarit est impressionnant comparé à nos petites corneilles ^^'


Pendant que nous déjeunions et discutions entre nous, un monsieur d'environ 40 ans, au costume moins chic/stric, a remonté l'allée tranquillement et est passé près de notre banc, j'ai vu que de loin il nous observait à la dérobée, puis quand il est arrivé à notre niveau j'ai qu'il regardait encore tout en ayant l'air tout timide et quand mon regard a croisé le sien il m'a fait un grand sourire avec un signe de tête, et toute contente j'ai fait de même, voilà qui faisait plaisir de bon matin!
Puis, il est allé s'assoir sur un banc pas très loin, nous avons fini de déjeuner et quand nous sommes repartis et passé devant lui, j'ai vu qu'il nous regardait encore donc je lui ai fait un sourire et là, il nous a dit "bonjour" en français, du coup je lui ai répondu bonjour aussi, avec un grand sourire, j'ai trouvé ça adorable!

De retour dans la gare et le guichet JR enfin ouvert, nous sommes allés faire nos pass, c'était un peu long, puis une fois que la demoiselle nous eu donné les précieux sésames, on s'est rendu compte au vu de l'écriture qu'elle avait peiné pour écrire nos noms dans notre alphabet, si bien qu'au lieu d'écrire Souriau elle a écrit Sourial, il a fallu lui expliquer que ce n'était pas la bonne lettre ^^'


Nous avons réservé aussitôt des places dans le Shinkansen, puis on a rejoint le quai, toujours très bien indiqué, et on a attendu sagement...


...en observant les autres trains avec attention, ici les chefs de gare sont tous en uniforme avec casquette...et gants blancs, la classe!


Du coup on a pris le temps de découvrir les distributeurs de boissons.
Déjà les prix sont nettements inférieurs aux distributeurs français - entre 0.75 et 1€ la boisson - et de plus, loin de proposer majoritairement des sodas, ces distributeurs contiennent surtout de l'eau, du thé et des eaux aromatisées au fruits, voilà qui est plus désaltérant et équilibré!
Antoine a acheté notre première boisson puis notre train au museau profilé est arrivé à la seconde près, s'arrêtant pile sur le repère indiqué, ça c'est de la précision dont les français pourraient s'inspirer!


On s'est dirigé vers nos places et là, petite déconvenue, il y avait 2 demoiselles à nos places, en train de déjeuner ^^'
N'osant pas les déranger, on s'est assis sur les places libres à côté, sachant que si quelqu'un arrivait il faudrait demander aux demoiselles de bouger, et forcément c'est ce qui est arrivé...du coup, avec ma timidité et mes formules de politesse je les ai dérangées en leur montrant mon billet...et elles ont passé au moins 5 minutes à s'excuser avec les courbettes et tout, du coup j'étais encore plus gênée :p
Une fois installés pour de bon et partis pour presque 3h de trajet, on a pu observer le train de l'intérieur.
Première constatation: c'est très spacieux, même Antoine avait la place d'allonger ses jambes devant lui!
Deuxième constatation: c'est très propre, fonctionnel, avec des indications détaillées de où se trouvent commodités, contrôleur, extincteur, le tout également en braille.
Au début j'ai regardé les paysages extérieurs, mais la fatigue m'est retombée dessus avec le bercement du train et j'ai dormi quasi tout le trajet comme Antoine.

Une fois arrivés à la gare de Kyoto, là non plus aucun problème pour trouver notre direction, les indications sont vraiment bien pensées et toujours en anglais et l'on s'est rendus de suite au centre d'information pour les touristes, en découvrant au passage le côté impressionnant de la gare très moderne de Kyoto (que je décrirais plus tard car nous reviendrons la visiter).
Les personnes qui nous ont accueillies étaient d'une grande gentillesse et parlaient très bien anglais et nous ont bien expliqué comment nous rendre à notre auberge ainsi que les principaux sites à visiter sur Kyoto.
Nous avons pris notre premier bus japonais, avec la particularité qu'il faut monter par les portes du milieu, sans prendre de ticket, et on paye en sortant, en mettant sa monnaie dans une machine à côté du chauffeur, un montant forfaitaire relatif à la distance parcourue au moment de la descente, qui se fait par la porte avant, au niveau du chauffeur.
On a pu découvrir un premier aperçu de Kyoto, une surprenante alternance d'immeubles modernes et de petites maisons traditionnelles en bois, au premier coup d'oeil ce fut le coup de coeur.
une fois descendus à notre arrêt, on a juste marché 3 minutes et nous sommes arrivés dans notre ryokan, le Gojo Guest House, ou nous allions passer 1 semaine.


Au premier abord le côté traditionnel tout en bois m'a de suite plu, puis la demoiselle qui nous a accueillie était trop jolie, avec des dreadlocks et un style vestimentaire casual/fashion comme seuls peuvent rendre classe les japonais.
Nous avons réglé d'avance nos nuits d'hébergement, comme dans tous les hôtels où nous allions résider au Japon, puis elle nous a guidé jusqu'à notre chambre, en nous faisant la visite des lieux, nous étions dans un genre d'auberge de jeunesse avec beaucoup de services communs accessibles mais nous avions une chambre rien que pour nous deux, l'endroit étant ancien et tout en bois avec beaucoup de charme.
Nous avons eu en cadeau des "bons" pour des boissons au café de l'auberge, qui occupe une partie du rez de chaussée et qui a l'air bien agréable, avec une partie traditionnelle surrélevée pour s'assoir en tailleur à table et une partie occidentale avec tables et comptoir et un ordinateur en accés libre.

Petit aperçu de notre chambre, coup de coeur évidemment.
Il y avait une clim réversible qui nous a bien servi les soirs où la fraicheur se faisait sentir, et sur la droite c'est un miroir qui est voilé, signe de deuil au Japon, et nous nous sommes rendus comptes plus tard au fil de notre exploration du quartier que le bâtiment qui jouxtait notre auberge était en fait un complexe funéraire, ce qui fait que les miroirs des chambres et de la salle commune sont voilés.
Les claustras de bois traditionnels étaient très beaux et permettait de laisser passer la lumière tout en nous isolant des chambres juste en face, la lumière venant de la cour intérieure.


Un aperçu des couloirs, tout en boiseries également.


Une fois posés dans notre chambre, j'ai testé la connexion wifi avec succés et j'ai pu donner de nos nouvelles à nos petites mamans.

Ensuite nous sommes sortis découvrir le quartier, en achetant au passage de quoi grignoter via le combini 7/Eleven juste à côté, puis nous sommes allés flâner en direction d'un temple tout proche repéré dans le bus, le Kyomizu.




Les jardins entourant le temple étaient très beaux, l'endroit très calme, il faisait un temps très agréable et à nouveau j'ai pu observer de beaux corbeaux.




La faim nous tiraillant un peu on a décidé de partir en exploration dans une ruelle avoisinante pour ne pas manger pendant la visite du temple ni dans le jardin.

La ruelle escarpée longeait l'enceinte du temple sur notre droite et nous avons pu avoir un premier aperçu de contraste typiquement japonais: une entrée latérale du temple avec sa lourde porte ancienne et à proximité un poteau électrique reliant de nombreux câbles électriques, que nous retrouverons partout dans le pays avec bien souvent un enchevêtrement de câbles pas du tout rassurant (ici c'est une version très soft pour vous donner un exemple).


Nous sommes également passé devant de belles entrées traditionnelles de maisons sur la gauche, qui ont alterné progressivement avec de petits cimetières bordant le temple.








Et quelques mètres plus haut, à notre émerveillement toujours grandissant devant ce spectacle innattendu, ce fut le haut de la colline tout entière qui était un immense cimetière traditionnel japonais, le tout d'une beauté apaisante qui nous empreint de respect, un lieu parfait pour moi qui affectionne particulièrement les cimetières.








Il y avait des tombes très récentes et d'autres plutôt anciennes très belles.






C'était un endroit vraiment paisible et nous avons dégusté nos onigiri en pleine quiétude, savourant ce moment de pause, baignés par la chaleur du soleil qui illuminait les lieux.


Ensuite on a redescendu la colline par d'autres petites ruelles, flânant entre les belles demeures traditionnelles et les constructions récentes ayant tout autant de cachet.

C'était l'heure de la sortie d'école du coup j'ai pu voir mes premiers lycéens et lycéennes en uniformes, à pied et à vélo, image vue tant de fois dans les films/dramas/animes que nous étions contents de voir enfin en vrai avec Antoine.
Il y avait aussi des collégiens et même des bouts de chous qui devaient être en primaire, reconnaissables à leur casquette et bob jaunes, trop adorables.

Nous sommes retournés à l'auberge par les petites ruelles aux alentours histoire d'explorer un peu notre quartier et on a vraiment apprécié le contraste, à peine quitté les grandes artères avec la circulation, du calme de ces ruelles bordées de maisons traditionnelles en bois vraiment jolies.
J'attendais depuis longtemps de pouvoir flâner dans ces ruelles, déjà conquise par le charmes de ces maisons typiques, qui ont su préserver leur charme d'avant, même défigurées par les climatisations accrochées à leurs facades et les fils électriques de partout.






On verra par la suite que ce contraste avenues bruyantes/ruelles paisibles est typique des villes japonaises, où le moderne cotoîe l'ancien et c'est quelque chose qui nous a vraiment séduit avec Antoine, cette possibilité de s'échapper du bruit et de la frénésie de la ville en quelques pas seulement.

Nous sommes ensuite tombés sur un chantier au détour d'une rue et avons pu remarquer que les palissades masquant les travaux étaient décorées d'arbres, de façons à être moins austères.
Et l'on a pu également continuer de voir que les japonais mettent des petits dessins mignons pour tout et n'importe quoi, même pour des affiches contre la pollution canine et tabagique ;)


Nous sommes ensuite revenus à notre auberge le temps de faire une petite pause sieste pendant 2h, la fatigue de la journée se faisant sentir, puis ensuite nous sommes sortis en quête d'un resto d'Okonomiyaki dont nous avions l'adresse mais il était fermé.
Du coup nous avons mangé au café de notre auberge, et ce fut une bonne surprise, la nourriture étant très bonne pour un prix très bas! Antoine a pris un bon curry végétarien et moi une rafraîchissante salade de crudités avec des nouilles udon.


Comme dessert nous avons testé leur smoothie à la banane en utilisant nos premiers bons offerts et c'était un vrai délice, on en reprendra de nombreuses fois au cours des quelques jours que nous passerons ici.


On prépare dans la chambre le programme du lendemain avec un peu de chauffage pour s'endormir en douceur et on profite d'une bonne nuit de sommeil.

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