La première nuit passée dans notre nouvel hôtel fut reposante, futon très confortable, édredon bien chaud, et avec le temps qui commençait à se rafraichir c'était parfait. Le seul inconvénient, propre aux petits hôtels japonais, fut le manque d'isolation phonique, les murs et portes étant très fins on entendait tous les bruits dans le couloir et les chambres autour, et hélas pour nous, on avait de gros beaufs australien très bruyants et friands de blagues pourries entre potes le matin.
Il y avait par contre de nombreux français à l'hôtel qui eux étaient polis et discrets, pour une fois ;)
Je suis allée prendre ma douche en me levant, pas évident de se sécher à fond avec la micro serviette japonaise traditionnelle mais heureusement les yukata sont fournis et sont bien pratiques pour finir de sécher en rejoignant la chambre.
Les patrons de l'hôtel avaient un petit chien, entre le chihuahua et le papillon (avec un noeud rose sur la tête) qui en plus d'être très laid était franchement stupide et plutôt hostile...et même avec la meilleure volonté je n'ai pas réussi à m'en faire un copain (bon ok, n'aimant pas les petits chiens je n'ai pas essayé longtemps après qu'il m'ait aboyé dessus :p)
J'étais encore fatiguée ce jour là, en partie à cause des restes du rhume qui m'avait bien épuisée, mais aussi avec le contrecoup de l'impact de Tokyo, la frénésie urbaine bruyante m'a déstabilisée et j'ai peiné à m'y adapter au début.
Le temps étant un peu voilé nous avons choisi d'aller découvrir un site mineur, notre destination du matin fut donc le Palais Impérial et les jardins qui l'entourent, à proximité de la gare de Tokyo.
Nous avons pris le train pour y aller, et j'ai pu remarquer des comportements que j'avais déjà noté au fil de notre voyage et dont je n'ai pas encore parlé, j'en profite pour faire un petit descriptif :
Les gens sont très silencieux dans le train et métro, ils ne parlent que peu et toujours à voix basse, même les enfants et les ados.
Ils sont vissés à leurs téléphones portable mais s'en servent uniquement pour les sms et les mails, ils ne passent pas d'appel dans le train. Les consoles de jeux portables sont aussi très présentes, il y a toujours quelqu'un en train de jouer dans une rame.
Les files d'attentes sur les quais sont très organisées, calées sur les repères au sol et en 3 semaines de voyage je n'ai pas vu de bousculades telles que celles qu'on peut parfois voir en vidéo, mais peut-être avons-nous évité les heures de pointes dans les plus gros quartiers d'affaires.
Les japonais ont une tendance à s'endormir partout et dans le train j'ai été fascinée par leur capacité à s'endormir en quelques secondes, notamment une fois la fille assise à côté de moi a sombré dans le sommeil en un éclair je n'en revenait pas.
On ne s'attendait pas en arrivant à trouver un quartier de grands immeubles modernes, on imaginait un environnement plus traditionnel dans les environs du palais.
Certains immeubles présentaient un mélange entre bâtiment de style ancien rappelant le vieux new-york et gratte-ciels de verre, c'était assez surprenant.
Et même ici l'esprit d'un Halloween toujours bon enfant et mignon était présent.
En observant les environs j'ai soudainement aperçu au loin dans le ciel voilé la fameuse Tour de Tokyo, structure emblématique qui m'a remis en mémoire dramas, anime et mangas où on l'apercevait, c'était fascinant de la voir enfin, même de si loin.
En chemin vers le palais nous avons vu des fontaines modernes, tout était assez différent du Japon que nous avions vu jusqu'alors.
Nous sommes alors arrivés à proximité du palais impérial et une immense esplanade de bitume faisait une coupure entre les immeubles et le parc entourant le palais. Le ciel s'était dégagé et un beau ciel bleu ensoleillé nous accompagnait désormais.
Je suis toujours émerveillée des contrastes japonais, même si cette phrase est devenue cliché, c'est pourtant la réalité.
Les arbres étaient une variété de pin asiatique dont hélas je ne connais pas l'espèce, j'ai fait quelques recherches mais n'ai pas trouvé celui qui correspond.
Ces arbres étaient magnifiques, nous transportant dans un univers un peu magique, je suis restée fascinée à les observer un bon moment.
Dans un style un peu moins poétique mais plus ludique, ils m'ont également fait penser aux arbres en Lego de notre enfance ;)
On est enfin parvenus en vue de l'enceinte du Palais Impérial, nous avons commencé par explorer un peu autour, et avec les douves remplies d'eau, les murs recouverts d'une belle herbe verte, les pins aux mille formes, c'était magnifique.
J'ai aperçu une petite fontaine comme l'on voit souvent dans les dramas (et qui m'a aussi rappelée celle du "Secret de mon succès" film culte) et je n'ai pas résisté à aller boire un peu d'eau fraîche.
Il y avait beaucoup de vie autour de nous, des touristes, des sportifs (j'y reviendrais), des canards, mais aussi des cygnes,
des carpes avides de nourriture que je trouvais effrayantes,
des petits moineaux peu farouches,
et bien évidemment de grands corbeaux noirs *.*
Nous avons fait tranquillement le tour de l'extérieur du palais (qui ne se visite pas, un peu comme le non moins célèbre Buckingham Palace) et je n'ai cessé d'être émerveillée par la beauté des lieux.
Il y avait une guérite toute petite pour les gardes qui avait l'air d'avoir été rajoutée.
Un magnifique réverbère (je veux bien le même dans mon jardin) qui m'a fait sourire car il m'a rappelé les balais de l'Apprenti sorcier dans Fantasia ;)
La suite de notre tour de l'enceinte nous a fait traverser cette porte imposante à partir de laquelle nous avons commencé à croiser nombre de salary men et coureurs.
Parvenus de l'autre côté de l'enceinte, le chemin qui suivait les berges du lac était rempli de nombreux coureurs, et ce fut assez surprenant: cela semblait être la pause sportive des salarymen en fin de matinée, mais pas forcément de leur plein gré au vu des visages essoufflés, rouges et en sueur de certains coureurs qui avaient l'air au bord de la crise cardiaque. Certains un peu âgés ou corpulents n'arrivant presque plus à courir, j'avoue que ça nous a un peu mis mal à l'aise...
S'il y a une chose que j'ai eu un mal fou à supporter au Japon c'est leur manie de traiter les animaux de compagnie comme des accessoires où de les prendre pour des peluches/poupées.
Il y avait de nombreuses boutiques de vêtements et accessoires pour chien et chats, avec même des costumes de mariés, de sport, et les rares chiens que nous avons croisés dans la rue étaient très souvent avec un manteau ou des noeuds dans les cheveux.
Du coup cela ne m'a pas surpris de croiser un monsieur avec ce qui ressemblait à un terre neuve blanc et qui avait...un magnifique bavoir Hello Kitty autour du cou -__-
En plus de m'agacer fortement, ce qui m'a surpris en revanche, c'est le fait d'avoir un chien de ce gabarit dans un quartier pareil, j'ai eu des doutes sur l'espace à sa disposition pour se dégourdir les pattes chez lui et autrement qu'en laisse autour du palais...
Avertissement à l'attention de ma ptite maman, il y a des bestioles à trop de pattes que tu n'aime pas juste après!
En continuant la visite nous avons à nouveau aperçu, dans les arbres et buissons en bordure de l'eau, les mêmes araignées impressionnantes et colorées que nous avions vues à Kyoto.
Personne ne semblait s'en effrayer, les gens passaient à proximité, ce qui m'a conforté dans l'idée qu'elles ne devaient pas être venimeuses.
L'une d'elle était par contre en train de se préparer un bon festin ;)
J'ai fais quelques recherches sur ces araignées et j'ai enfin trouvé de quelle espèce il s'agit, c'est une Nephile Dorée et effectivement elle n'est pas dangereuse pour l'homme.
J'ai appris également qu'au Japon tuer une araignée porte malheur ce qui explique qu'il y en ai autant qui vivent tranquilou un peu partout.
Et une autre précision, elles n'ont pas l'apanage de la taille maxi, il semble que les insectes aient une forte tendance à être plus grands au Japon que dans nos régions.
Passons le cours d'entomologie pour revenir à notre balade ;)
Nous avons croisé une aire de jeux pour enfants, sans enfants mais avec des salarymen prenant leur pause assis sur des balançoires.
Il y avait de petits dessins toujours enfantins et mignons pour expliquer les règles à respecter dans la zone de jeux, avec en plus une traduction en anglais rajoutée.
J'adore celui de l'arbre :p
Une petite mascotte rigolote même pour les arrêts de bus.
On a fait une petite pause dans cet espace nous aussi, il y avait de nombreux chants d'oiseaux dans les arbres autour de nous et l'un d'eux était très différent de ce que j'avais pu entendre jusqu'ici et très agréable à écouter.
On a pu faire des photos du chanteur en question, un oiseau très beau que je n'avais jamais vu *.*
J'ai essayé de savoir de quelle espèce il s'agit mais il y a tellement d'oiseaux différents que j'ai renoncé...si quelqu'un connait cette espèce, merci de me donner son nom dans les commentaires ^^
Et encore un corbeau ;)
Une fois presque revenus à notre point de départ nous avons trouvé l'entrée du parc intérieur accessible aux visiteurs et avons continué la balade.
Le parc était plutôt vaste avec une immense pelouse sur laquelle pique-niquait des familles, des enfants jouaient au ballon, il régnait une atmosphère familiale de dimanche après-midi c'était très agréable.
Une tout petite fille qui ne marchait que depuis peu visiblement était toute mimi *.*
On a profité de cette atmosphère paisible et calme, que nous avons bien appréciée.
Il y avait des allées de bambous,
et des plaqueminiers chargés de kakis appétissants.
L'heure avançait et nos estomacs se sont rappelés à notre bon souvenir, et après un dernier regard sur les environs nous sommes repartis.
Nous sommes retournés à la gare par laquelle nous étions arrivés, dans les couloirs nous avions repéré une galerie marchande avec des restos appétissants mais en bons touristes on s'est mélangé avec les plusieurs entrées et les multiples couloirs et nous n'avons pas retrouvé la galerie en question.
On a donc repris la Yamanote, la ligne de metro qui fait le tour de Tokyo pour revenir dans notre quartier.
L'après-midi était déjà bien entamée et on commençait à avoir une énorme faim, heureusement que l'on peut manger à toute heure au Japon.
On a testé un petit restaurant bon marché pas mauvais du tout.
Antoine s'est régalé avec un bol de ramen bien copieux avec un oeuf mi-cuit à casser soi-même et à mettre dans le bol.
Pour ma part j'ai testé des légumes sautés, c'était un peu gras mais pas mauvais.
La fatigue accumulée m'est une fois de plus retombée dessus et nous avons fait une étape à notre hôtel le temps de reposer, j'ai écrasé le temps d'une bonne sieste.
En fin d'après-midi nous sommes ressortis, avec un objectif moins passionnant mais néanmoins indispensable: il était temps de refaire une lessive!
Suivant les indications de la demoiselle de l'accueil à l'hôtel on s'est mis en quête d'une laverie, en continuant la découverte de notre quartier.
Trouver la laverie fut l'étape la plus facile de la mission :p
Arrivés sur place, même principe qu'en France, machines à laver/sécher et accessoires à disposition en accès libre, à la différence que toutes les consignes étaient bien évidemment écrites en japonais et qu'il n'y avait personne à l'horizon pour nous renseigner...
On note la perplexité de l'homme face à la machine.
Il y avait des distributeurs de lessive et d'autres produits étranges dont jamais nous ne saurons l'utilité.
Antoine, en éternel aventurier a choisi quelques produits, l'un d'eux par chance était la lessive, alors qu'un autre ressemblait à une petite éponge desséchée dont on ignore encore aujourd'hui la fonction.
Une fois la machine mise en route avec notre linge qui tournait à l'intérieur, j'ai laissé Antoine avec sa console DS attendre la fin de la lessive et je suis retournée à l'hôtel pour prendre le temps de donner des nouvelles via mail à nos mamans respectives.
Antoine est ensuite revenu avec notre linge tout propre et bien sec mais sans la moindre odeur, la lessive n'avait pas de parfum comme souvent au Japon, on avait déjà remarqué cette particularité à Kyoto.
On est sortis à nouveau, cette fois-ci pour aller dîner, et toujours dans la découverte de notre quartier qui nous plaisait décidément beaucoup, on est allés aux alentours de la gare d'Ikebukuro tester notre premier sushi bar!
Il était particulièrement bon marché et même si la qualité n'était pas exceptionnelle, ce n'était pas mauvais et très varié. Et surtout à 136¥ les 2 pièces par assiette (moins d'1€ au moment où nous y étions), on s'est gavé et en un temps record...on aurait dit deux affamés ^^"
Le principe est donc celui qui s'est exporté partout dans le monde: un long comptoir autour duquel sont assis les clients, un tapis roulant sur lequel défile la nourriture, dont le tarif dépend de la couleur de l'assiette sur laquelle les sushi/maki sont posés, et les cuisiniers au centre qui préparent au fur et à mesure mais aussi à la demande.
Les cartes étaient en Japonais mais ils nous ont proposé, comme souvent, une carte en anglais pour les étrangers.
Il y avait de nombreux compléments proposés librement: les sauces, le wasabi et autres condiments mais aussi des robinets d'eau chaude à intervalles réguliers le long du comptoir, à côté desquels se trouvaient des pots de matcha, la poudre de thé vert traditionnelle très prisée par les japonais.
J'avais beaucoup de mal à l'époque à apprécier le goût du thé vert mais j'avais très soif, du coup j'ai bu des verres d'eau chaude, ça m'a rappelé Asterix et les Bretons ;)
Il y avait beaucoup de choix en poissons, j'ai commencé par de la sèche et du maquereau et c'était délicieux, notamment le maquereau cru que l'on ne trouve quasiment jamais en France (il est toujours saisi) et qui avait un goût très fin, j'ai beaucoup aimé.
Il y avait de nombreuses sortes de maki, notamment aux oeufs de saumon (à droite sur la photo) et d'autres avec ce qui semblait être de tous petits poissons crus translucides, qui ressemblaient à des tentacules ou des filaments.
Antoine a voulu tester mais au vu de sa grimace quand il eut goûté, ce n'était semble-t-il pas bon du tout, où du moins c'était un goût auquel nous ne sommes pas habitués.
Beaucoup moins appétissant nous avons vu passer sur le tapis des maki au nattô, cette pâte de soja fermenté dont l'odeur et le goût très forts en font un plat pour les aventuriers culinaires (dont je ne suis pas, soyons honnêtes :p).
Un aperçu de ma pile d'assiette avant de partir l'estomac bien plein.
On a ensuite flâné dans le quartier un moment en digérant, encore impressionnés par les restaurants/bars et boutiques qui occupent tous les étages des immeubles.
Les boutiques étant ouvertes jusqu'à tard j'en ai profité pour faire un peu de shopping de fille: explorer quelques boutiques de chapeaux, de chaussures mais surtout de collants et chaussettes, qui n'étaient pas très cher pour une qualité nettement supérieure aux collants bariolés que l'on trouve en France.
Le quartier était très animé le soir, entre les salarymen en groupe qui allaient boire un verre et les jeunes qui flânaient comme nous.
Cette rue était un coin très animé d'Ikebukuro, avec de nombreux restaurants, bars et salles de jeux, on y est passé bien souvent.
Sans oublier les salons de karaoke très présents, mais hélas on a pas eu l'occasion d'en tester un seul.
En rejoignant notre hôtel par une chemin différent on est tombés sur ce restaurant à l'extérieur des plus exotique (et bien kitch il faut le dire), le Petit Bali.
Mais la statue de grenouille très souriante qui ornait l'entrée était bien marrante ^.^
De retour à l'hôtel le hall d'entrée était vide et paisible, j'en ai profité pour faire une photo.
Les placards à gauche étaient réservés aux chaussures, que l'on doit poser avant de rentrer réellement dans l'hôtel, la distinction étant bien marquée avec la marche surélevée et garnie de tatamis.
On a ensuite rejoint notre chambre, j'ai pris le temps de noter comme tous les soirs ce que nous avions fait dans la journée, pendant qu'Antoine jouait à la DS, et ensuite j'ai savouré à nouveau le confort du futon et la chaleur de la chambre.
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